En lisant les critiques actuelles sur Second Life, j'ai l'impression à chaque fois de revivre l'épopée d'Internet sous une forme à peine différentes: les média s'emparent du mouvement au moment où il commence à peine à se formaliser, puis ensuite comme les développements n'arrivent pas comme prévu, c'est forcément nul et sans intérêt, donc sans avenir... J'ai vécu ça avec l'e-commerce et Made in Design, d'abord avec la période où les même qui nous expliquaient en de 1999 à mi-2000 qu'il allait carrément remplacer le commerce traditionnel, puis de mi-2000 à fin 2004 où les mêmes nous expliquaient doctement qu'il n'y avait aucun avenir à l'e-commerce, que ce business ne générait pas de chiffre d'affaire, qu'il n'avait aucun sous-bassement économique... A partir de 2005, l'arrivée à maturité de l'e-commerce a relancé très significativement ce secteur, qui connait depuis des taux de croissance à 2 ou 3 chiffres. La plupart des nouveaux sites qui connaissent une forte notoriété viennent de cette troisième époque (par exemple le site DIscounteo de Daniel Broche).

A lire le très médiatisé site Rue89.com, nous serions donc arrivés aujourd'hui à la fin des mondes virtuels... D'ailleurs y est-il écrit non moins doctement, le très sérieux Times lui-même explique qu'il fait parti de leur Top 5 des sites à éviter! Si le Times le dit, alors... :-) Connaissant le peu d'originalité de nos médias, ces informations vont être reprises dans les media grand public très prochainement, et les rares sponsors qui contribuaient au buzz de ce site (en y effectuant des tests produits ou des recrutements) vont aussi quitter le navire, contribuant ainsi à la réalisation du désastre annoncé... fc_secondlife.jpg A quoi ressemblera la troisième vague des mondes virtuels, celle de la maturité du contenu et du modèle économique? En fait, je pense que les mondes virtuels ont un avenir dans les simulations sociales et historiques: le fait de pouvoir se plonger dans des époques historiques de façon immersive et de "vivre" comme des romains, des chevaliers ou des révolutionnaires français constituerait une véritable révolution pédagogique.

Cette réflexion me vient de mon expérience actuelle avec AGEOD et ses jeux vidéos historiques, où l'on apprend et on comprend mieux la complexité historique de chaque période en en devenant soi-même acteur; et là encore, j'ai l'impression de n'être qu'aux balbutiements de cette révolution, qui prendra encore du temps avant de se mettre en place... :-)